Je vous propose un petit cours d’espagnol en accéléré avec cette vidéo en très bon anglais, sous-titré espagnol:
We only want what\'s best for him
Je ne m’adonne que très rarement aux joies du partage sur internet mais le discours de Nigel Farage est irrésistible. Comme si j’avais gagné au loto et je disais mes quatre vérités à mon patron avant de partir des bureaux en claquant la porte devant mes quatre pov’ collègues ébahis. Un fantasme récurrent. Parmi vous, il va y en avoir un ou deux qui me diront que ce Nigel Farage est un libéral anglais, nationaliste de surcroît.
Du gros cauztoujours car même si je ne partage probablement pas le point de vue de mon copain Nigel sur des questions économiques (je n’en sais rien en fait), je trouve qu’il est tout à fait indispensable de dire ce qui se passe et d’appeler un chat un chat. De faire ce qu’il fait, en somme. Nous vivons actuellement sous une dictature; à la tête de l’Europe, un tas de criminels sans scrupules n’hésitant pas à jeter des millions de citoyens dans la misère et à leur enlever tout pouvoir de décision sur leurs propres vies. Il est fort à parier que devant ce manque flagrant de démocratie, l’extrême droite obtienne de plus en plus de voix. Les « eurofonctionnaires » mettront ça sur le dos des « eurosceptiques » comme Nigel Farage alors que ce sont bel et bien les premiers qui ont mis, et à raison, la classe ouvrière rejointe par la classe moyenne appauvrie, très en colère. Une situation qui n’est pas sans nous rappeler quelque chose, n’est-ce pas? Car cette classe ouvrière de plus en plus mal éduquée, dépolitisée et confuse, ne sera pas en mesure de prendre du recul et de comprendre, par exemple, que lorsqu’un patwon européen qualifie quelqu’un « d’eurosceptique », il ne parle pas de quelqu’un qui n’aime pas l’Europe mais de quelqu’un qui au contraire aime trop cette idée pour ne pas supporter difficilement de voir ce que l’on en a fait.
Une histoire passionnante, des liens dans tous les sens, du partage, du mouvement transfrontalier, des espoirs et des envies communes, tout ça transformé en hachis parmentier, en grosse machine ennuyeuse bourrée d’égos surdimensionnés, dont le seul objectif est de répartir l’argent du bas vers le haut en bonne conscience. Les photos des Présidents et Chanceliers des républiques française et allemande successifs la larme à l’oeil devant les monuments au morts de la I ou II GM me font bien marrer.
La machine est d’une efficacité surprenante. Les résultats sont palpables au quotidien pour qui vit en province en Espagne, par exemple. Sans compter que nous revenons en arrière. Je ne pourrai pas donner à mes hypothétiques enfants ce que mes parents m’ont donné, ils ne disposeront plus d’une bonne éducation, ni d’une bonne santé et encore moins d’un avenir. Je m’en tirerai correctement si j’arrive à leur transmettre l’amour de la lecture mais j’en ferai des chômeurs déprimés. Trop critiques pour intégrer un système qui considère qu’un Etat n’est rien d’autre qu’une grosse entreprise capitaliste. L’ascenseur social, c’est vers le sous-sol qu’il va.
Nous en venons à l’aboutissement d’un processus mû par une idéologie bien identifiée par Jacques Rancière, qui a pris de plus en plus d’ampleur au cours de ces dernières trente années et qui est celle de la haine de la démocratie. J’y ai moi-même succombé à plusieurs reprises voulant interdire de vote tous les analphabètes fonctionnels. Les hommes politiques n’aiment pas la démocratie, ils n’aiment pas le désordre, ils n’aiment pas la pluralité des voix. Il suffit de voir comment ils manipulent les fils du pouvoir, manigancent les élections, comment ils nous mènent en bateau. Nous ne sommes là que pour payer. L’Etat est la seule entreprise qui peut se permettre de nous pomper les sous sans autorisation lorsque nous ne répondons pas à ses sollicitations. Ils le mériteraient bien pourtant que l’on ne paye plus d’impôts vu que le pacte social, ils se le passent par la raie des fesses, veuillez bien excuser ma vulgarité.
Je suis très en colère, la bonne nouvelle étant pour moi, qui ai partagé mon banc d’école avec un tas de monde qui sévit aujourd’hui à Bruxelles après avoir eu une jeunesse plus ou moins de gauche, qu’au moins je ne suis pas et je ne serai probablement jamais du côté des méchants.
